Info Foot B.W.    25/418

 

LA  LIMITE  D’AGE  DES  ARBITRES

Je n’ai pas compris l’ex-arbitre de la division 1 nationale, Piet VANDEVENNE, qui a introduit un recours auprès du Tribunal du Travail pour protester contre la décision de la Fédération de mettre un terme à sa carrière d’arbitre à l’âge de 45 ans.

En embrassant la carrière d’arbitre l’intéressé savait que la limite d’âge pour officier en division 1 nationale était fixée à 45 ans. Pourquoi cette réaction tardive ?

 

Il est vrai que la fonction d’arbitre en division 1 nationale est aujourd’hui rémunérée. Il ne s’agit pas d’une activité principale mais d’une activité accessoire. Ce qui confère, néanmoins, à l’arbitre, deux casquettes. Je m’excuse de cette expression qui pourrait paraître excessive. La première casquette lie l’arbitre à la Fédération par un contrat tacite, celui voulu par les usages dans l’arbitrage. La seconde casquette est celle d’un travailleur européen lié à la Fédération par un contrat de travail avec les conséquences qui en découlent, y compris celle d’assigner son employeur en justice. Nous sommes loin des chevaliers du sifflet d’hier.

 

Je ne vais pas aborder le problème sur le plan de la juridiction sociale cela nous conduirait trop loin. Je voudrais m’exprimer sur la décision prise par la F.I.F.A. pour fixer la limite d’âge des arbitres du football professionnel à 45 ans, après avoir connu la limite d’âge des arbitres à 50 ans au moment où les joueurs pratiquaient un football semi professionnel. Après quelques récriminations, chacun s’est rallié à cette sage décision.

 

Aujourd’hui, nous vivons le professionnalisme à outrance. Le jeu va de plus en plus vite, les rencontres sont d’une très grande importance. Une pression de plus en plus intense pèse sur les acteurs, sur ceux qui les dirigent, ceux qui les encouragent et de ceux qui investissent. Le football vit à un rythme hallucinant. Dans ces conditions serait-il heureux de prolonger la limite d’âge des arbitres à qui on réclame des efforts de plus en plus considérables ?

 

On le sait l’arbitre doit avoir l’esprit en éveil durant nonante minutes et parfois plus, il n’a pas de répit comme les joueurs. Il doit prendre ses décisions sur le champ, il ne peut dire comme un juge : « remise à quinzaine ». Il est, aussi, plus âgé que les joueurs ce qui n’est pas un avantage. Puis il y a les bons jeunes de la division II qui poussent, qui piaffent d’impatience pour ce faire une place au soleil. A ce sujet rappelons  que l’arbitre international italien, M. COLLINA, a été autorisé par sa Fédération à prolonger sa carrière au-delà de 45 ans pour autant qu’il ne pratique plus en 1ere ligue nationale. Philosophiquement il a dit : « Je pars, place aux jeunes ». La critique reste aisée, surtout, en ce XXIe siècle gangrené par la monnaie : cette espèce sonnante et trébuchante.

 

                                                                  (recueilli auprès de Marcel CHALON par E.  STROJWAS)